ᶜᵒᶜᵒessences │ the devil never sleep


je ne suis pas seul


«« Chargée
de fruits légers aux lèvres
Parée
pe mille fleurs variées
Glorieuse
dans les bras du soleil
Heureuse
d’un oiseau familier
Ravie
d’une goutte de pluie
Plus belle
que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d’un jardin
je rêve

Mais j’aime justement »» 


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L’Amoureuse
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«« Elle est debour sur mes paupières

Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dan mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire »»
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Capitale de la douleur

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« Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres,

Nos silences, nos paroles,
La lumière qui s’en va, la lumière qui revient,
Un seul sourire pour nous deux,
Par besoin de savoir, j’ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d’apparence,
Ô bien-aimé de tous et bien-aimé d’un seul,
En silence ta bouche a promis d’être heureuse,
De loin en loin, ni la haine,
De proche en proche, ni l’amour,
Par la caresse nous sortons de notre enfance,
Je vois de mieux en mieux la forme humaine,
Comme un dialogue amoureux, le cœur ne fait qu’une seule bouche
Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser,
Les sentiments à la dérive, les hommes tournent dans la ville,
Le regard, la parole et le fait que je t’aime,
Tout est en mouvement, il suffit d’avancer pour vivre,
D’aller droit devant soi vers tout ce que l’on aime,
J’allais vers toi, j’allais sans fin vers la lumière[8],
Si tu souris, c’est pour mieux m’envahir,
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard. »
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— Paul Éluard —